Lumière de Pâques en Catalogne

0 Comments

Le printemps vu d’Empuriabrava

Bientôt viendront les fêtes de Pâques, et avec elles la semaine sainte, le Salon nautique du bateau d’occasion à Empuriabrava, rendez vous incontournables du printemps catalan. Chaque année, ces événements marquent le retour des beaux jours, même si, fidèle à une tradition presque météorologique, le Vendredi saint s’habille souvent de pluie — en France comme en Espagne. Comme si la liturgie trouvait un écho dans le monde des vivants, un rappel discret que la lumière se mérite toujours un peu.

Pourtant, à l’approche de ces fêtes, je ne peux m’empêcher — comme je l’écrivais dans Encore Vivant — de partager ces instants où la lumière renaît, où la campagne se réveille, où la végétation explose littéralement de couleurs. Nous montrons souvent Empuriabrava, sa marina, ses canaux, ses reflets, ce décor qui est devenu le nôtre. Mais la campagne alentour possède une beauté tout aussi saisissante, parfois même plus brute, plus immédiate, plus vraie.

Cette photo en est la preuve éclatante : un champ de colza d’un jaune presque irréel, une route qui file vers l’horizon, un pont TGV avec les montagnes en toile de fond, une terminaison du Canigou encore sous la neige, et cette lumière catalane qui découpe chaque forme avec une précision presque picturale. On pourrait croire à une image publicitaire tant tout y est parfait : les couleurs, les lignes, la profondeur. Elle pourrait servir à promouvoir cette Catalogne qui nous accueille, ou même la Renfe, dont la ligne Paris > Lyon > Figueres > Barcelone traverse ces paysages avec une élégance discrète. La passerelle qui relie la côte ouest de la France à cette ligne se trouve à Narbonne, comme un trait d’union entre deux pays, deux cultures, deux façons de vivre la lumière.

Nous sommes ici devant une invitation à la fois simple et époustouflante : deux pays qui marchent ensemble, non pas par leur lumière — si particulière ici, si différente de celle de France — mais par leurs paysages, leurs routes, leurs rails, leurs liens humains. La Catalogne possède ce ciel d’un bleu presque métallique, cette clarté qui découpe les formes et fait vibrer les couleurs d’une manière que l’on ne retrouve pas ailleurs. Et c’est précisément cette lumière, unique et presque insolente, qui transforme ce champ de colza en scène féerique, comme si le printemps lui‑même avait décidé de se montrer en avance.

Et c’est peut-être cela, finalement, le message de cette période : la pluie du Vendredi saint, les traditions et les symboles rappellent une histoire ancienne, mais une histoire où la lumière revient toujours. Elle éclaire les canaux, les champs, les montagnes, les routes, les rails… et elle nous rappelle que nous avançons, nous aussi, entre deux pays, entre deux saisons, entre deux lumières, entre deux passions. avançons, nous aussi, entre deux pays, entre deux saisons, entre deux lumières, entre deux passions.

.

Categories: